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Des champignons à toutes les sauces

C'est Henri Gillain, le frère de Jijé, qui est à l'origine de l'idée de départ d'“Il y a un Sorcier à Champignac”. Il est enseignant et, à l'époque, un professeur qui collabore à une bande dessinée, ce n'est pas très bien vu. Il signe donc d'un pseudonyme, Jean Darc.

Le château de Skeuvre, à Natoye en Belgique (photo de Liliane Franquin)

— J'ai vu arriver Franquin un jour de juin, se souvenait-il. Il en avait assez de dessiner des buildings ou des décors du Far West, et il m'a dit qu'il aimerait bien un récit campagnard. J'étais professeur de math à l'époque, dans un établissement religieux. Pendant les examens, en surveillant les élèves, j'ai tout à coup eu une idée. Il y avait au mur une grande planche avec des champignons. Pourquoi ne pas faire une histoire avec des champignons magiques ? J'ai écrit tout le scénario dans un cahier. Franquin avait l'air assez content, bien que plus tard, il ait dit qu'il avait dû fameusement élaguer: il paraît qu'il y avait trois scénarios dans mon récit.

— Henri Gillain m'avait envoyé un carnet épais comme une bible, si j'ose dire, vu le contexte, évoquait avec humour André Franquin. Si j'avais voulu le réaliser, j'y serais encore actuellement ! J'ai taillé dedans, car c'était une espèce de roman-fleuve. L'idée des champignons s'y trouvait, et c'est ce qui m'a d'abord séduit. Je suis parti de son histoire, mais j'ai beaucoup trié pour en dégager le récit définitif. Jusqu'alors, je n'avais réalisé que des his- toires courtes, j'avais envie de m'attaquer à une longue série; alors, je me suis lancé, bravement.

Pour se documenter, Franquin cherche un décor qui pourrait abriter le singulier comte de Champignac.

— Le château de Champignac se trouve à Natoye, dans la province de Namur, en Belgique. Je l'ai découvert parce que mon beau-père avait un camarade de guerre qui était fermier dans les environs. C'était juste après la guerre. Ce château m'a plu immédiatement à cause de son isolement et de ses proportions. Il était presque aussi délabré que dans mes dessins. Tout était effondré à l'intérieur. A la Libération, les occupants allemands avaient tout fait sauter en se sauvant. Ils avaient pris les meubles, tout ce qu'ils pouvaient piller, et pour ne rien laisser, ils avaient provoqué une gigantesque explosion qui avait démoli l'intérieur du bâtiment. Depuis lors, tout a été restauré.