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Le détournement des mythes

On a négligé l’importance de L’Ombre du Z. Qu’y voit-on ? Un zorglhomme mal « dézorglhommisé » après la chute de l’empire de Zorglub

Il faut d’abord replacer cet épisode dans son contexte historique. Après la défaite de l’Allemagne nazie, les vainqueurs inaugurèrent une politique de dénazification, en Allemagne et en Autriche, de peur que ne renaissent les démons du passé. Par comparaison, l’Italie ne connut pas une « défascisation » : des politiques, se réclamant du fascisme de Mussolini, siègent dans l’actuel gouvernement de Rome.

Au moment même où fonctionnait la dénazification, les journaux étaient pleins de complots d’ex-nazis ne rêvant que de revanche – on parlait même d’un Adolf Hitler, qui ne serait pas mort à Berlin en 1945, et qui aurait préparé sa reconquête du monde depuis sa nouvelle base, quelque part en Amérique latine.

La peur est donc bien réelle. Mais comme à chaque fois qu’il se fait l’écho d’une actualité sérieuse, Franquin choisit l’arme de l’ironie. Il désamorce.

Ce qui n’entraîne pas une démobilisation de la prise de conscience : la suite de la carrière de Franquin indique bien que son implication dans son siècle n’a fait que s’approfondir. En cela, il s’affirme comme un des auteurs humanistes les plus importants de son temps.


Zorglub par Yoann