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Interviews

Les secrets de vol de Black Squaw

Publié le 02/04/2021

Lire Black Squaw, dont le deuxième tome est prépublié dans Spirou, c'est l'assurance d'aller tutoyer des sommets de bande dessinée. Après vous avoir parlé d'Al Capone, au cœur des nouvelles aventures de Bessie, l'aviatrice mi-noire mi-indienne, Yann et Henriet vous révèlent d'autres secrets de leur univers...

 

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Les secrets de vol de <i>Black Squaw</i>
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Dans ce nouveau Black Squaw, nous faisons la connaissance d'un autre aviateur d'exception...

YANN : Les frères de Bessie, engagés volontaires dans le 369e régiment d'infanterie – celui des des Black Rattlers (les "serpents à sonnette noirs") – participent à la guerre de 1914-1918. Ils vont y croiser un certain Eugene Bullard, l'"Hirondelle noire de la mort", véritable personnage historique. Bullard, lui aussi Noir Américain, avait décidé de devenir pilote, à une époque où c'était impossible pour un Noir. Comme ce n'était pas le cas en France, il s'était engagé dans la Légion étrangère, afin d'obtenir la nationalité française. À force de courage, il avait ainsi obtenu son brevet ! Combattant hors pair, Bullard avait gagné le droit d'écrire une maxime sur le fuselage de son avion : "Tout sang coule rouge". Malgré son héroïsme, les autorités américaines refusèrent de reconnaître ses victoires... Bullard resta donc à Paris, où il ouvrit plusieurs bars. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, il s'engagea à nouveau aux côtés de la France. À sa mort, le général de Gaulle rendit hommage à cet homme incroyable...

HENRIET : Dessiner Bullard et des scènes de la Première Guerre mondiale a été un vrai plaisir pour moi qui n'avais jamais visité cette époque. Sans vouloir apparaître léger ou irrespectueux, je dois dire qu'il s'agit d'un conflit très "graphique". Les tranchées sont très visuelles, tout comme les soldats avec leur bandes molletières et leurs casques. J'ai accumulé beaucoup de documentation avant de démarrer les séquences de la Première Guerre mondiale. J'ai également veillé à ne pas représenter les tranchées que sous la pluie. Cela m'intéressait aussi de montrer ce qui se passait quand la boue devenait poussière et volait partout.

Les couleurs ont également une grande importance, dans ces scènes de tranchées...

HENRIET : Elles sont signées Usagi, comme toujours, à laquelle je ne donne que des indications laconiques, afin qu'elle ait un maximum de liberté et donc un vrai plaisir de travail. Je tenais à ce que l'on comprenne que pendant la Première Guerre mondiale, les poilus avaient peu de matériel neuf. Ils recyclaient beaucoup. Les couleurs devaient donc être plus sales et fatiguées que celles utilisées pour le matériel allemand dans Dent d'ours. Dans Black Squaw, la couleur a également une importance primordiale pour bien séparer les séquences se déroulant au présent et celles explorant le passé de Bessie.

Série après série, les lecteurs de BD plébiscitent les histoires d'aviation. Avez-vous une explication à ce phénomène ?

YANN : L'aviation fait rêver, tout simplement ! Face à un avion en vol, les gens retrouvent leur âme d'enfant. J'ai beaucoup travaillé avec le dessinateur Romain Hugault sur des séries d'aviation. Romain est lui-même pilote, et m'a parfois emmené déjeuner avec des collègues aviateurs. J'avais été surpris de découvrir que ces derniers avaient des âmes d'enfants, épris d'aventures. Ils étaient d'ailleurs tous très fans de BD !

Lorsque vous décrivez les vols de Bessie, cela se fait toujours avec énormément de détails. Pourtant vous, vous ne pilotez pas !

YANN : Je ne pilote pas et n'aime pas prendre l'avion. Même une voiture, je ne la conduis pas ! Je tiens toutefois à ce que les vols de mes pilotes soient ultra réalistes. Enfant, j'étais passionné par les appontages de Buck Danny. Dans Black Squaw, je veux que l'on comprenne que piloter un hydravion dans un tempête de neige, ou le faire atterrir sur une mer démontée, ce n'est pas une promenade de santé. Ça dramatise ses déplacements, et c'est bon pour l'histoire. De toute façon, j'ai besoin d'y croire moi-même pour faire voyager le lecteur !

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