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DEATHFIX Extended Play : Le football russe face au racisme

Publié le 05/07/2018
Le Mondial, c’est la grande fête du foot, avec des joueurs venus de tous les continents ! Une ouverture culturelle dont n’est pas forcément coutumier le championnat russe...

Fort de ses récents succès sportifs, le Zénith Saint-Pétersbourg est, depuis son rachat par Gazprom en 2005, le mastodonte du football russe. Pourtant, ces belles images cachent mal un racisme visible et assumé, porté par une partie de ses supporters, notamment les ultras du groupe Landscrona.

 

Un racisme que la France a découvert en 2008, avec un déplacement de l’Olympique de Marseille en terre russe, au cours duquel des supporters du Zénith s’étaient cagoulés d’un drap blanc, à la manière du Ku Klux Klan, afin de protester contre la présence de joueurs noirs dans les rangs de l’OM... En 2011, le brésilien Roberto Carlos, alors joueur de l’Anzhi Makhachkala, avait lui reçu une banane, lancée par ces mêmes supporters.

 

Pour que le message soit bien clair, le groupe Landscrona a publié, en 2012, le Manifeste sélection 12 : traditions et principes, dans lequel il est expliqué que le Zénith ne doit pas recruter de joueurs d’origine africaine ou se revendiquant d’une minorité sexuelle. Le tout pour conserver cette « identité » pétersbourgeoise basée sur la « culture russe, orthodoxe et blanche ».

 

Mais une autre forme de racisme, bien plus ancrée dans les championnats locaux, existe dans le football russe : celle vis-à-vis des peuples et clubs dits non slaves. Racisme dont une manifestation datée du 11 décembre 2010 fut un reflet évident. Cinq jours plus tôt, Egor Sviridov, supporter du Spartak Moscou, avait été tué par un groupe de jeunes originaires du Caucase du Nord. Face à cet acte, une grande manifestation s’était formée à Moscou. Aux premiers rangs : des supporters actifs, ultras ou hooligans, protestant autant contre le meurtre que contre les origines des agresseurs...

 

Ces évènements tendent depuis à se répéter, comme en 2014, avec le décès de Leonid Saffyanikov, jeune supporter du Spartak Moscou, survenu après une altercation avec Zhakhongir Akhmedov, Ouzbek de 25 ans. Une situation préoccupante pour Amnesty International*, qui souligne que « les membres des groupes ethniques du Caucase du Nord, stigmatisés par l’appellation de "culs noirs", en particulier ceux d’origine tchétchène, ainsi que les membres des communautés juives, les Roms et les enfants nés de mariages mixtes, sont particulièrement exposés [aux actes racistes en Russie.]. »

Pierre Vuillemot

*  « Racisme ordinaire et discriminations », Droits humains en Russie. Résister pour l’état de droit. Autrement, 2010, pp. 66-77.

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